Depuis plusieurs mois, le gouvernement et certains parlementaires formulent des propositions qui constituent de véritables reculs en matière de protection de l’environnement et de bien-être animal, de la biodiversité et de la santé publique.
Dans la lignée de la proposition de loi “Ferme France”, adoptée au Sénat en 2023, le sénateur Laurent DUPLOMB (LR) revient à la charge avec une nouvelle proposition de loi régressive. Le CREPAN a manifesté son opposition, par l’intermédiaire de sa présidente Claudine JOLY, en interpelant les députés du Calvados, voici le texte qui leur a été envoyé:
“Ayant travaillé de nombreuses années en représentation nationale pour France Nature Environnement (Grenelle puis plan Ecophyto) dans un esprit de concertation et de coconstruction avec la profession agricole, je viens vers vous pour vous demander instamment de ne pas valider ce projet de loi en particulier en ce qui concerne les réautorisations de certains pesticides particulièrement dangereux pour les insectes (néonicotinoïdes et apparentés). Il faut que vous ayez en tête l’effondrement actuel des populations d’insectes sur tous les territoires en agriculture conventionnelle, des études faites en GB et en Allemagne (cf encore publication dans le Monde Planète du 2 mai dernier, pas d’étude équivalente en France à ce jour faute de moyens consacrés) démontrent une diminution d’au moins 80 % des populations sur les 2 dernières décennies. Les causes ? Destruction des habitats (arrachage de haies encore et toujours), espèces invasives (elles ont bon dos) et surtout pesticides. Est-il logique de se demander pourquoi les insectes disparaissent alors que l’on déverse plusieurs milliers de tonnes d’insecticides par an sur notre territoire avec des doses létales aigues (DL50 abeilles par exemple) de l’ordre de quelques milliardièmes de gramme (cas des néonicotinoïdes et des pyréthrinoïdes) sans parler des effets long cours plus insidieux. Les néonicotinoïdes ont la particularité de persister et de circuler dans les végétaux , l’eau, les sols ce qui a permis de constater leur présence dans les pollens des cultures qui fleurissent mais aussi des cultures à suivre voire des plantes non cultivées en dehors des parcelles cultivées (voir entre autres travaux publiés par JM Bonmatin CNRS). Leur utilisation en enrobage de semences est tellement simple pour l’agriculteur qu’il paye volontiers un surcoût pour ses semences, cela va lui éviter de passer 3 fois (5 fois ?) avec son pulvérisateur pour appliquer en surface des pyréthrinoïdes (tout aussi toxiques) mais moins rémanents (3 semaines environ). les insectes sont totalement détruits aussi mais ont une petite chance de régénérer une partie de leurs populations entre deux traitements ce qui n’est pas le cas avec la persistance dans les milieux des néonicotinoïdes ou apparentés; Pour mémoire , les insectes, outre leur rôle de pollinisation indispensable à de nombreuses cultures vitales pour nous, constituent aussi la base de la chaîne alimentaire de nombreuses espèces (tous les poussins sont insectivores par exemple, plus d’insectes, plus d’oiseaux !).
J’arrête là mes commentaires pour ne pas vous lasser mais sachez bien que nous ne sommes plus au stade de l’alerte mais de l’urgence absolue pour la biodiversité, et tout cela pour faire quoi ? 30 % de la production de betteraves part à la fabrication de ce que l’on ose appeler des “biocarburants” avec un rendement énergétique ridicule / panneaux PV !!
C’est invraisemblable, inexcusable.”
Vous aussi, vous pouvez vous opposer à ce projet de loi et interpeller vos députés et le gouvernement en allant sur le site de Générations Futures.

